Münchener Post - Grèves et changement de PDG: un mois de mai sous tension à la SNCF

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Grèves et changement de PDG: un mois de mai sous tension à la SNCF
Grèves et changement de PDG: un mois de mai sous tension à la SNCF / Photo: Ian LANGSDON - AFP/Archives

Grèves et changement de PDG: un mois de mai sous tension à la SNCF

Le mois de mai s'annonce chaud à la SNCF, avec plusieurs appels à la grève lancés par le syndicat SUD-Rail pendant les ponts du printemps et le remplacement du PDG du groupe qui doit intervenir exactement au même moment.

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Les grandes grèves de ces dernières années à la SNCF déclenchées pour des raisons propres au groupe ferroviaire l'ont toutes été à cause de la colère des contrôleurs.

L'appel à la mobilisation de SUD-Rail pour le week-end du 9, 10 et 11 mai a donc de quoi donner des sueurs froides à la direction de SNCF Voyageurs.

Le syndicat critique notamment les constants changements de planning à la dernière minute qui touchent les contrôleurs des TGV. Il réclame aussi une augmentation de 100 euros de la prime de travail de cette catégorie de personnel.

Pour l'instant, seul SUD-Rail, troisième syndicat du groupe mais deuxième chez les contrôleurs, appelle à la grève. Il avait déposé fin mars un préavis allant du 17 avril au 2 juin et couvrant les vacances scolaires et les ponts du printemps.

Le syndicat a donc mis sa menace à exécution, après "trois réunions stériles sans le moindre engagement de la direction", a-t-il écrit dans un tract.

- Collectif -

Lors des deux dernières grèves de contrôleurs à Noël 2022 et en février 2024, plusieurs centaines de milliers de personnes avaient vu leurs trains annulés.

Les contrôleurs se sont surtout mobilisée ces dernières années via un collectif informel créé sur Facebook et baptisé Collectif national ASCT (CNA).

Ce collectif n'a pour le moment pas fait connaitre sa décision de rejoindre le mouvement ou non.

SUD-Rail a considérablement haussé le ton ces dernières semaines, entamant plusieurs bras de fer avec la direction du groupe public alors que l'actuel PDG Jean-Pierre Farandou doit quitter la direction dans un peu plus d'un mois en raison de la limite d'âge.

Le syndicat a notamment appelé jeudi les conducteurs à faire grève le 7 mai pour réclamer là aussi une augmentation de leur prime de travail.

Quelques jours auparavant, il avait annoncé quitter la table des négociations organisées pour discuter des droits syndicaux à la SNCF dans le cadre de l'ouverture à la concurrence et de l'éclatement du groupe en de multiples filiales.

- Rapport de force -

L'irruption d'un conflit social à la SNCF pendant les longs week-ends du printemps et en plein processus de renouvellement du PDG pourrait compliquer la recherche du candidat idéal.

Plusieurs noms circulent pour succéder à Jean-Pierre Farandou, à commencer par celui de Xavier Piechaczyk, PDG de RTE qui était déjà pressenti pour succéder à M. Farandou après les Jeux olympiques.

Il était en effet prévu que l'actuel PDG quitte ses fonctions après la compétition, mais la dissolution de l'Assemblé nationale et le départ de Bruno Le Maire de Bercy lui ont permis de prolonger son bail jusqu'à l'assemblée générale du mois de mai, qui devrait acter son départ.

Lors de la relance du Paris-Milan en début de semaine, le ministre chargé des Transports Philippe Tabarot a déclaré que les entretiens pour sélectionner le futur PDG de la SNCF étaient en cours.

SUD-Rail avait prévenu de son intention d'imposer un rapport de force en 2025, alors que l'ouverture à la concurrence bouleverse le groupe ferroviaire.

En fin d'année dernière, le syndicat avait été à la pointe du combat contre la liquidation de Fret SNCF, transformée à deux filiales avec suppression de 500 emplois à la clef, sans parvenir à entraîner les cheminots dans la grève.

C.Maier--MP